Pour une Europe sans OGM





Le printemps des poètes

"Jacques Séguéla est un con "

Interrogé vendredi matin sur France 2, sur le côté bling-bling du président Sarkozy et son amour pour les belles breloques comme les Rolex, Jacques Séguéla s'est offusqué : "Comment peut-on reprocher à un Président de la République d'avoir une Rolex ? Enfin, tout le monde a une Rolex". Et d'ajouter "Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, c'est qu'on a raté sa vie".

Prix d'une Rolex : entre 3 000 et 35 000 €.

Voilà ce que disait Pierre Desproges de Séguéla il y a quelques années :

« Jacques Séguéla est-il un con ? De deux choses l'une : ou bien Jacques Séguéla est un con, et ça m'étonnerait quand même un peu ; ou bien Jacques Séguéla n'est pas un con, et ça m'étonnerait quand même beaucoup ! »


Démocratie et totalitarisme

"En exagérant un peu, dans les états totalitaires, c'est le pouvoir à la tête de l'état qui décide de la ligne du parti. et chacun doit alors y adhérer et s'y soumettre. C'est différent dans les sociétés démocratiques. La ligne du parti n'est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. C'est dans ces présupposés qu'il pourra y avoir un débat passionné, mais qui se limitera à ce cadre précis. Dans les sociétés démocratiques, la ligne est comme l'air que l'on respire, elle est sous-entendue... Du coup elle donne l'impression qu'il y a un débat très vigoureux. C'est très efficace comme système et ça marche beaucoup mieux que dans les systèmes totalitaires."

Noam Chomsky


Gaza

Je suis l’enfant dans la fumée blanche

je suis la pierre dans ses mains

je suis son œil

mort.


Je suis la maison sous les bombes

je suis poussière sur un tapis

je suis prière à la fenêtre

assoiffée.


Et j’ouvre immensément la bouche sur le pavé confortable des villes.


Et je vide quelques larmes sur mes joues occidentales et fières.


Et je vomis des slogans et des pancartes parmi le bourdonnement aseptisé des rues en solde.

Et je marche irréprochable et droit dans ma tenue de camouflage.


Mais je n’ai que des mots à vous offrir

et la peur d’un trop long silence à venir

entre les bras engourdis du monde.


Il était encore une fois

Il était une fois

sur le sable blanc et chaud

d’un désert à chameaux

il était une fois

une pauvre tête toute éclatée

en mille morceaux

de la chair et des os,

des poils, des bouts de peau

un nez, deux yeux

un peu de cervelle aussi

blanche et grasse

avec ses neurones filandreux

accrochés à leurs synapses.

Il était une fois

une tête donc, comme beaucoup d’autres

mais une tête qui a perdu ses épaules

une tête avec un œil encore ouvert

sur la connerie du monde

un œil qui attend la prochaine bombe

pour se mélanger

avec le sable blanc et chaud

de ce pays

où les avions ont remplacé les oiseaux.


Eric Chevillard (encore)


"Tous les Américains sont dotés d’une arme, ce qui est la sagesse même quand on sait que tous les Américains sont dotés d’une arme."


Il y a de magnifiques perles dans le blog d'Eric Chevillard. Allez y faire un tour :
http://l-autofictif.over-blog.com/5-index.html


Sois sage ô ma douleur...


— le médecin m'a mis du Brufen; je supporte pas…
— en comprimés ou en suppositoires? il paraît qu'en suppositoires…
— oui, mais il n'y en avait plus chez mon pharmacien, je suis retourné voir le médecin pour lui demander du Proxalyoc, comme avait eu Alphonse avant de mourir..
— du Proxalyoc ça donne des douleurs à l'estomac, moi il n'y a que le Célébrex ou le Piroxicam qui me soulagent
— il y a pas de la morphine dedans? je préfère prendre de la Butazolidine en sirop
— ah non! vaut mieux encore du Bi-profénid ou du Voltarène c'est ce qu'il a Constant pour sa jambe
— ils lui ont pas mis du Kétoprofène à l'hôpital?
— non mais faut dire qu'il est tombé sur un drôle de médecin
— un drogué?



A voir avant les réveillons

Train

Le vin rouge coule sur mes lèvres

verre après verre

le paysage s’envole du train-train

avec ses châteaux de cartes de séjour

ses montagnes de chocolats suisses

ses plages de sable bleu pétrole

et une pléiade de mots incontrôlables

mal compostés.



Contrastes

Lorsque la folie s’arrête, quand les regards s’apaisent, il y a le silence de la porte refermée sur une tempête hivernale; cette éphémère trouée de bleu dans une journée de brume; le reflet tremblant d'une bougie sur la noirceur d'une fenêtre; le sourire d'un inconnu dans le grouillement des rues; et ce petit bout de plastique rouge au milieu de la haie de laurier.


Hallelujah

Franz Bartelt

Dans la revue Traversées (Faubourg d'Arival, 43 à B-6760 VIRTON (Belgique)), Franz Bartelt, écrivain ardennais, répond à sa manière à un extrait du questionnaire de Proust :

« Pour quelles fautes avez-vous le plus d'indulgence ?
Les fautes de frappe.

Vos musiciens favoris ?
Les maçons italiens.

Qui aimeriez-vous être ?
Untel.

Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ?

Leur rareté.

La couleur que je préfère ?
L'adéquate.

La fleur que j'aime ?

L'à fleur de peau.

L'oiseau que je préfère ?
L'avion.

Mes auteurs favoris en prose ?

Aymé, Blondin, Viallatte, Renard, Allais, Cohen.

Mes poètes préférés ?
Rimbaud, Verlaine, Lafforgue.

Le don de la nature que je voudrais avoir ?
L'indifférence.

Comment j'aimerais mourir ?
A la fin.

Ma devise ?
L'euro. »


Passez...

Visite impromptue.
– On ne fait que passer.
– Passez, passez donc.


(extrait du blog d'Éric Chevillard : http://l-autofictif.over-blog.com/)



Dimanche

Vivement que les magasins soient ouverts le dimanche...
pour que les commerçants puissent y faire leurs courses !


Bruno Candida



C'est juste pour rire, bien sûr !

Dans le "Canard enchainé"

Ô Dieu

Et voilà que les oreilles cléricales se dressent dans la nuit à l'affut d'un sacrilège...
Et voilà que les plumes ecclésiastiques envoient leur fiel dans les boites de ceux qui ne moutonnent pas au milieu du troupeau...
Et voilà que s'installe insidieusement ce qui pourrait ressembler à une nouvelle inquisition...

Voici donc une prière dédiée à ce prêtre qui m'a déversé sa bile :

Dieu n'a pas d'yeux
n'a pas d'oreilles.
Il n'a qu'une peau
qui nous enferme.
Alors, les prières
elles rebondissent à l'intérieur
ne sont que légers gargouillis
avant le rôt.
Dieu le très rôt!
Une secousse un peu brutale
un coup de gueule mal placé
et Dieu nous chie
ou nous dégueule
dans le néant.
Le monde est à la merci
de ses flatulences.
Notre seule arme
c'est le silence.

Muguet

Sur la mer

un grain de bleu

tout cotonneux

muguet d’argent

en vert et blanc

clochettes au vent

muguet tout gris

teinté de pluie

au fond des yeux.


Vendeurs à la sauvette

en brin de chemise

vendeurs à la clochette

sous un parapluie de vent

les bateaux, pavillon bas

rentrent au port

en arrosant la jetée

et les badauds bien au chaud

effacent la buée

sur les carreaux.


Flamme


Encore un extrait du blog d'Éric Chevillard (ICI) :

"La flamme du Tibétain inconnu sera portée en gloire aujourd’hui place de l’Étoile et dans les rues de Paris par nos plus véloces athlètes. L’hommage me paraît opportun et j'avoue que je ne comprends pas ce qui motive toutes ces protestations indignées."