Muguet

Sur la mer

un grain de bleu

tout cotonneux

muguet d’argent

en vert et blanc

clochettes au vent

muguet tout gris

teinté de pluie

au fond des yeux.


Vendeurs à la sauvette

en brin de chemise

vendeurs à la clochette

sous un parapluie de vent

les bateaux, pavillon bas

rentrent au port

en arrosant la jetée

et les badauds bien au chaud

effacent la buée

sur les carreaux.


Flamme


Encore un extrait du blog d'Éric Chevillard (ICI) :

"La flamme du Tibétain inconnu sera portée en gloire aujourd’hui place de l’Étoile et dans les rues de Paris par nos plus véloces athlètes. L’hommage me paraît opportun et j'avoue que je ne comprends pas ce qui motive toutes ces protestations indignées."

Municipales




Des gens importants ont réfléchi longtemps
avant de mettre en œuvre ces aménagements.
Cela nous a couté beaucoup d'argent.





Mais qui a pensé aux fauteuils roulants
aux poussettes et aux landaus pour les enfants ?



Un compte à dormir debout !

C'est fou comme certaines réalités, à peine retravaillées, se transforment en histoire absurde.
Pas sûr qu'il faille la raconter aux enfants...

ÉricChevillard

Voici un autre extrait des "ruminations" d'Éric Chevillard sur son blog : http://l-autofictif.over-blog.com/

"Le salon de l’agriculture a fermé ses portes. Adieu veaux, vaches, cochons, cassez-vous sales cons !"


2008

Louis Chédid, Casthélémis, Donna Summer, Alain Afflelou, Gérard Darmon, Bernard Thévenet, John Carpenter, Claire Denis, Laurent Voulzy, Anne Queffélec, Richard Desjardins, Claude Spanghero, Henning Mankell, James Ellroy, Alice Cooper, Tony Gatlif, Rory Gallagher, Barbara Hendricks, Dominique Sanda, Luc Guyau, Richard Gotainer, Jean Pierre Haigneré, Al Gore, Lluis Llach, Jimmy Cliff, Mama Béa, Bernard-Marie Koltès, Gérard Miller, Régis Warnier, Carole Laure, Nathalie Baye, Alberto Manguel, Catherine Breillat, Guy Montagné, Anne Sinclair, Hubert Félix Thiéfaine, Claude Ponti, Cat Stevens, Michel Polacco, Jean Reno, Jean Pierre Raffarin, Lionel Rotcage, Jean Michel Jarre, Françoise de Panafieu, Bernard Henri Lévy, Stéphane Paoli, Noêl Mamère, Gonzague Saint Bris... et moi (;-)), avons eu 20 ans en 1968.


Combien serons-nous à secouer les pavés lors du prochain mois de mai ?


Combien serons-nous à demander l'impossible ?


À mettre la poésie dans la rue ?



Je voudrais...


Être un chien et ne pas rapporter le bâton lancé par mon maitre.


Être le vent et mugir de plaisir en me faufilant sous les portes.


Être le premier à mettre mes pas sur la neige puis me retourner et voir le pointillé de mes traces s'évanouir à l'horizon.


Être brindille sur un fleuve et remonter le courant.


Être le dernier pétale de la marguerite entre tes doigts.




Une expo à Saint Nazaire

à l’occasion de la semaine des femmes

la Maison de Quartier de la Bouletterie à Saint Nazaire

accueille

l’exposition

prénoms de femmes je brode



une œuvre et un parcours collectif

réalisés par

un groupe d’habitantes à la maison de Quartier

en dialogue avec l’exposition

je brode

de

sofie vinet

plasticienne écriveuse

rencontre avec les créatrices le 7 mars à partir de 16h

puis vernissage à 18h

exposition du 4 mars au 14 mars

ouverture : lundi 14h/19h, samedi 8 mars de 14h30 à17h

mardi, mercredi, jeudi, vendredi 9h/12h et 14h/19h

maison de quartier : 02 40 70 35 22 mqbouletterie@wanadoo.fr

sofie vinet : 02 40 87 02 81 sophie.vinet @free.fr

Maison de Quartier de la Bouletterie, 29 rue des frênes, Saint Nazaire



Claude François en 1968

Petite vidéo dont le seul but est de faire plaisir à C...

(Avouez quand même qu'il y a des pavés qui se perdent !)

the lion sleeps tonight (animation)

Un, deux, trois, soleil !

À la frontière

il pleut des pierres,

de gros rochers bien empilés

en équilibre sur un pied.


Un, deux, trois, soleil !

Ne plus bouger

les randonneurs sont annoncés.


Dès qu'ils auront le dos tourné,

les gros rochers bien empilés

iront danser dans le vallon,

partiront jouer à saute-mouton,

supprimeront toutes les frontières.


Plus de barrière

ni barbelés,

dès qu'on aura le dos tourné.


Little Richard - Lucille

Naissance

Sors

sors et bouge

sors du bouge

sans complexe

sors lutin

sortilège

sors du bois

crie

appelle

à pleine voix


Sors et crie

sors des bulles

de ta gorge

noire et sèche

cours et bouge


Sous la jupe

tu remues

tes petites pattes

tu m’épates

comme tu cries

comme tu bouges

comme tu cours

après qui

après cri


Tout est gris

ou trop grand

cours toujours

lève les bras

lève les poings

croise les doigts

crois en toi


Lutte

lutte et ruse

poupée russe

et gigote

lève les yeux

crève les cieux

envole-toi

vole

bouge tes ailes

au soleil

de l’hiver


Viens

sors du sang

sors du rang

en courant

viens

on t’attend.


(lundi 11 février, 20h30, la cigogne n'en finit pas de tourner en rond dans un ciel bleu-nuit)

Arrêt (D 61)



À droite quelques ajoncs à peine fleuris. Des ronces entremêlées laissent apparaître des paquets de cigarettes vides, des bouteilles, des morceaux de plastique. Un champ de maïs dénudé attend la charrue. Trois bouleaux réfléchissent au bord d'une mare. Un ciel blanc laisse timidement passer le soleil. Il n'y a pas un oiseau. J'entends seulement le ronflement de l'autoroute.

Le temps passe-t-il moins vite quand on ne fait rien ?


Fou (Pierrot)

Dans les forêts, comme dans la vie, Pierrot n'est pas très futé. Il est vite perdu entre les troncs qu'il trouve bien trop communs. Au premier tourment venu, il fait demi tour croyant remettre ses pas dans ses traces; mais, impossible! toutes les traces se ressemblent et se rassemblent au premier carrefour. Il hésite devant les buis écrasés puis décide d'aller tout droit vers la lumière, ou les ténèbres, car le temps passe et le soleil s'efface.


Attention, quelqu'un approche. Il ne doit pas laisser transparaitre son désarroi. Pierrot fait semblant de ramasser des champignons. En voilà un, puis un autre, un régiment de chanterelles, ou de giroles, ou de trompettes. Il s'y connaît en régiment mais pas du tout en champignons. Et puis de toute façon, il n'aime pas les champignons, ni les forêts, et les humains encore moins. Alors il se met à chanter à tue tête entre les chênes, pour faire peur aux oiseaux et à leur petit bec plein d'insectes. Il chante pour effrayer les sangliers et leur groin mal taillé. Il fait un tapage infernal.


Y a bien un con qui va entendre sa logorrhée et avertir la maréchaussée !


Pas manqué ! En voici deux, bien habillés et médaillés, qui l'attrapent, l'un par les bras, l'autre par les pieds. En moins de deux, Pierrot est dans l'ambulance. Une piqure. Deux comprimés. Une drôle de chemise. Blanche, immaculée, de conception inversée.


Et voilà Pierrot tout retourné
dans un monde civilisé, chocolaté
là où son cœur s'est désaccordé.


Amnesty International

Fin de rêve

Au début je franchis des portes, beaucoup de portes. Je monte des escaliers, parcours des couloirs.


J’entre. Des fauteuils. Bleus. Numérotés. Des vêtements, des objets, disséminés sur les dossiers.


Devant moi, une scène à peine éclairée. Un homme. Je ne vois que son visage. Sec. Ridé. Les yeux rouges. Sur la pommette droite, une cicatrice ancienne et profonde. C’est mon père. Il parle. Ça raconte un homme qui saigne.


Puis il disparaît.


J’entends, venant de chaque côté, des paroles inarticulées, incompréhensibles.


Une petite douleur sourde et palpitante, derrière la tête, comme une disparition totale du corps, une immersion fondante, aspirante.


Une main. Froide. Éclairée en blanc. Une salle d'attente, des chaises, une table basse et des revues bien empilées. Personne. Juste cette main.


Derrière, il y a deux portes : à droite pour entrer dans le cabinet (sans doute un dentiste), l'autre marquée "toilettes". Tout au fond, un immense rideau noir.


Et cette main me fait signe d'avancer.


Mais ma fatigue est si légère, si douce, que je n’ose pas bouger. J’écoute le silence.


Un bruit, de plus en plus fort : un bip-bip strident d’engins qui reculent sans cesse, là bas, derrière le rideau.


Le réveil vient de sonner.


Marie Claude Pietragalla


"DON'T LOOK BACK", solo pour Marie-Claude Pietragalla, musique René Aubry, lumières C. Naville, costumes Mia, Théâtre des Champs-Elysées.

Trois ou quatre mots

D'abord je dis Patriarche et les nuages allongent leurs longues barbes grises dans un ciel où les oiseaux fleurissent.


Ensuite je dis Vigneron et le vin rouge coule sur mes lèvres blanches, verre après verre; et le paysage s’envole du train-train avec ses châteaux de cartes de séjour, ses montagnes de chocolats suisses (ou belges), ses plages de sable bleu pétrole et une pléiade de mots incontrôlables, mal compostés...


Puis je dis Contraste et il ne se passe rien, ou, plus exactement, rien d’important... Mais, lorsque la folie s’arrête, quand les regards s’apaisent, il y a le silence de la porte refermée sur une tempête hivernale; cette éphémère trouée de bleu dans une journée de brume; le reflet tremblant d'une bougie sur la noirceur d'une fenêtre; le sourire d'un inconnu dans le grouillement des rues; et ce petit bout de plastique rouge au milieu de la haie de laurier.


Il me reste à dire Vœux pour que vos mots glissent comme un souffle sur la page et que les rossignols reviennent chanter la nuit dans les arbres.


Tempête



Derrière la fenêtre

de gros nuages gris

continuent de souffler

comme de vieilles locomotives.